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 Notes pour trop tard.

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Dorian Macmillan

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MessageSujet: Notes pour trop tard.   Sam 16 Juin - 6:28


   Notes pour trop tard.    



Introduction au récit d'un invité des mondes


 Bon... Je n'ai vraiment pas l'habitude de faire ça. Mais apparemment c'est un peu de mise dans les mondes. Il faut dire que nerveusement et émotionnellement, ce n'est pas toujours évident à gérer.

Donc je commence ce "journal intime."
... Arf. Je préfère dire "Journal de bord". Ou "Carnet de voyage". Oui, quelque chose comme ça. Cela sied mieux à l'idée des mondes et à ce que je vais narrer ici. Mes récits seront un peu en bataille, parfois. Et parfois je soignerai un peu plus la présentation. Je pense noter des choses sur le moment mais aussi sur des temps plus calmes, en faisant un effort de mémoire. Des notes. Oui, c'est ça. Des notes de ce que j'ai vécu. Des notes pour trop tard.
Peut-être y joindrai-je quelques croquis. We'll see.

 Ah oui. J'oubliais presque: Je m'appelle Dorian Macmillan. Lord Dorian Macmillan. J'ai 27 ans, 28 dans moins de deux mois et je viens du comté d'Inverness d'où je suis le Lord propriétaire d'un certain nombre de terres, qui me reviennent de droit au nom de la Couronne. Ha! Je sais, ça fait un peu officiel et bouffi d'orgueil. En fait, c'est surtout pour montrer que d'où vous venez et qui vous êtes importe peu dans les mondes. Si quelqu'un lit un jour ceci, tu t'en rendras bientôt compte.

Par soucis de compréhension je vais écrire en français. En temps normal j'aurais plutôt écrit dans ma langue natale (l'anglais, pas le gaëlique, bien évidemment.) Seulement, j'ai remarqué que tous les invités du Faiseur parlaient français pour une raison ou une autre, peu importe leur origine. Ainsi, je suis sûr que celui ou celle qui lira ces mots les comprendra.

 Ce carnet débute le 12 Juin 2018, date de Midgard.
Mais ici, à Herculanum, et à l'heure où j'écris ces premières lignes, nous sommes le 11 Octobre 79 ("après Jésus Christ"), à plus d'une dizaine de jours à peine de l'éruption du Vésuve, qui surplombe la ville et va ravager toute le partie Est de la Campanie, alors que nous tenterons de fuir vers Naples par la mer. Si nous avons de la chance.
Et il est aux alentours de 22h. Difficile d'être plus précis.

J'ai acheté ce carnet à Miami, après avoir vu l'utilité qu'on pouvait avoir d'un support d'écriture permanent, ici, dans les mondes. (Merci Charlie, bien que tu l'ignores.) J'ai aussi acheté un stylo à bille, ainsi qu'un crayon, une gomme et un taille crayon.
Mais comme tu le vois, pour l'heure, j'écris à l'encre. On ne trouve pas beaucoup de parchemins, c'est un support réservé aux riches, dans ce monde, et ici je ne suis qu'un simple soldat de la cohorte urbaine, un garde, si tu préfères. Par conséquent l'encre aussi est assez chère. Mais j'ai une solde tout de même, et puisque je ne la dépense pas en putains et en boisson dans l'établissement de Charlie (aussi réputé soit-il), j'avais assez pour me payer de l'encre malgré son prix assez élevé.
Ça fait un peu cliché, mais c'est pourtant une fatalité : j'écris actuellement à la lumière d'une bougie. Ou plutôt d'une lampe à huile. Autant les Romains mettent du miel avec tout ce qui se mange ou se boit, autant la cire d'abeille, c'est quelque chose qui leur semble assez étranger. Ironie.

 Je vais dans ces notes raconter mon expérience dans les mondes, en essayant de respecter l'ordre chronologique. Si celui qui lit ces lignes est assez avisé, il saura tirer parti même des informations personnelles que j'y glisserai. Et à titre personnel, ces notes me serviront à me souvenir, pour essayer de ne pas refaire les mêmes erreurs. Ça veut aussi dire que des erreurs j'en ai fait et en referais sans aucun doute. Je ne suis qu'un homme, après tout, et arrivé depuis peu, qui plus est. J'ai encore beaucoup à apprendre. Voilà pourquoi "notes pour trop tard". Cependant j'espère que ce ne sera pas trop tard pour toi qui lis ces lignes.


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MessageSujet: Re: Notes pour trop tard.   Sam 16 Juin - 8:04

Drôle de jeu


Comment suis-je arrivé dans les mondes?

C'est une question que je me suis souvent et longtemps posée. Et je ne suis sûr encore de rien, ou plutôt je ne me l'explique pas réellement. C'est quelque chose de particulier que de s'endormir un soir, après une journée tout à fait banale à vos yeux, l'amour de votre vie dans les bras en vous disant que demain ne pourra être que parfait, et de vous réveiller soudain dans une salle inconnue, qui sent le parchemin et la moisissure légère, cette odeur d'ancien, avec en face de vous, bien vivante et loin d'être grabataire, une actrice mondialement connue dite trop malade depuis plus d'un an pour même apparaître furtivement dans les médias. Et à côté de vous un mec aux allures de gamin que vous ne connaissez ni d'Ève ni d'Adam mais qui n'a pas l'air d'avoir sa place dans le tableau. Et là on vous parle de magie, d'entité créatrice, de mondes...
Moi je n'y ai pas cru. Ou plutôt j'ai cru qu'après une soirée bien arrosée, j'avais eu un blackout et que je me réveillais là pour une sorte de jeu de rôle grandeur nature organisé par je ne sais quel noble excentrique comme j'en avais déjà croisé.

La première personne que j'ai rencontré dans les mondes, avant même d'avoir bien repris connaissance, d'être capable d'articuler, avant même d'entendre parler des mondes ou de tout autre chose, c'était Charlie qui me proposait du thé. La belle Charlie en robe de princesse Asgardienne. Je m'en suis méfié instinctivement mais elle avait déjà quelque chose qui attirait ma sympathie. Elle avait ce sourire mutin et cet air intelligent, assurée dans ses paroles comme dans ses gestes. Si j'avais cru aux mondes à cet instant, mon instinct m'aurait déjà crié que je devrais lui parler, qu'elle me serait utile. C'est le cas. On ne s'entend pas toujours à merveille parce que nous avons tous les deux un sacré caractère, mais c'est une alliée précieuse et une amie qui m'est chère. Plus qu'elle ne peut s'en douter.

La deuxième personne que j'ai rencontrée, je ne le savais pas encore, mais il serait un poids dans les premiers temps.
Un gosse zonard affalé dans un fauteuil l'air en plein trip de cannabis. Petit asiat décoloré blond platine, des cernes plus violettes que le napel, typiquement le gosse-adulte qui joue devant un écran toute la journée. Musclé, certes. Mais pas des muscles fais à l'exercice d'une activité utile, rien qu'il ne sache faire vraiment que pousser la fonte. Ça se voyait. Et quand il est redescendu du trip que lui avait balancé ce premier passage dans l'Abysse, il avait l'air à moitié halluciné, moitié crédule de tout ce que lui racontait Cha.
C'était Kuro. Je reparlerai de lui sous peu.


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MessageSujet: Re: Notes pour trop tard.   Mer 20 Juin - 6:01


13 Octobre 79, 21h
Donc en toute logique 14 Juin 2018, mais qui sait vraiment?
Toujours Herculanum.



Premiers jours


En fait, je n'ai pas grand-chose à dire ici.

Je suis arrivé dans une période d'entre-deux mondes, c'était donc une période calme. Mais pour moi, c'était un bain de foule dont je ne reconnaissais aucun visage. Heureusement pour moi, la foule j'y suis habitué, et loin d'être timide, je me suis éveillé le lendemain de mon entretient avec Charlie et dès l'après-midi je faisais déjà connaissance avec la majorité des invités présents.

J'ai tout de même retenu quelques noms et visage dès les trois premiers jours :

• Maël, le premier à m'avoir parlé ce jour-là. Un grand gars sympa à l'air dynamique, dread et barbichette. L'ami de tout le monde, c'est aussi flagrant que si on lui avait collé un post-it sur le front pour le dire.
• La deuxième personne, qui me dit immédiatement quelque chose sans que j'arrive tout de suite à déterminer pourquoi, c'était la timide Charline. En fait, et je ne comprends toujours pas comment ça avait pu m'échapper à ce moment, elle était le portrait craché de Charlie en timide et pas aussi entretenue.
• La pulpeuse Jaden, adorable. Je ne l'ai pas beaucoup recroisée mais j'aime sa compagnie.
• Hayate, l'androgyne teigneuse, une enfant perdue dans un corps d'adulte.
• Hyun-ki, le jeune coréen fan de jeux vidéo. Il dessine super bien.
• Elias, le "papa" du groupe, sympa avec tout le monde, fait des blagues graveleuses.
• Rajev. L'homophobe à la chèvre. Pas besoin d'en dire plus. Ah si: misogyne.
• Kuro, réveillé trois jours plus tard. Toujours cet air de gosse paumé, mais plus dans les vapes. À côté de la plaque par contre... Et si naïf, pour mon plus grand profit.
• Kath. Katherine Maria Linda Cavalcante. La nana cool, la "Mama", mon amie, complice, joueuse, taquine, féline. Kath. Compagne de beuverie et de déboires familiaux. L'Italienne du Bronx, et ça lui va si bien. Parait que je suis son ex-mari avec dix ans de moins, physiquement. Ça m'a fait marrer mais je n'ai pas osé lui montrer, le sujet Manu est sensible et elle est mon amie.

J'ai encore des choses à écrire mais on vient de m'apporter un billet. Un mot d'Ismaël.


[Le message est coincé dans la reliure. Un petit carré de papyrus griffonné à l'encre de Chine.]

"Dorian,

Une amie à toi vient d'arriver dans les mondes.
Elle est dans la maison du Bicentenaire. Si jamais tu souhaites l'accueillir.

Cordialement,
F."


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MessageSujet: Re: Notes pour trop tard.   Sam 30 Juin - 7:09

16 Octobre 79, 18h.
Je crois que nous sommes le 17 Juin 2018, sur Midgard, mais aucune garantie. On perd vite le compte...
Versant Sud-Ouest du Vésuve, j'ai vue sur la ville, d'ici. J'aime bien ce lieu.

J'ai pris mon carnet mais comme tu le vois, pour une question pratique je n'écris pas à la plume et à l'encre cette fois, mais bien au stylo bille.


Une enfant perdue dans une armure trop grande.


Hayate. Je ne connais même pas ton nom. Encore une preuve qu'on est bien peu de choses, les mondes ne cessent de nous le rappeler. Tu mérites un chapitre ici, petit être fort et fragile. Une enfant perdue dans une armure trop grande. Armure que par deux fois j'ai brisée d'un simple souffle.

Une fille androgyne au bord d'une piscine. C'est la première image que j'ai eu de toi. Sans ce bikini je ne saurais peut-être pas que tu es une fille, et ce serait peut-être mieux pour ce que tu tends à être. Mais fille ou garçon pour moi ça ne fait aucune différence, sache-le.

Tu ne faisais pas la tête mais tu ne semblais pas ravie non-plus, au bord de cette piscine. Jolie à ta manière, ni femme ni homme mais un peu les deux, cette humeur étrange ne pouvait qu'être la tienne, elle t'allait si bien. Je crois que je ne suis pas beaucoup plus âgé que toi, pourtant, ne m'en veux pas de ça, je t'ai toujours un peu vu comme une enfant sans le vouloir.


Ô Hayate... Si tu savais comme je m'en veux... Pourtant je ne m'excuserai pas. Jamais. Parce que toi non-plus tu ne t'excuseras pas, et au contraire, tu chercheras à te venger si nos chemins se recroisent. Mais je me suis excusé pour ça, au moins. Pour ce qui va suivre.

Premier soir éveillé à la villa du Faiseur. Février 2018, donc.
Nous avions joué tout l'après-midi à Smash bros, nous relayant pour les manettes. Il y avait Charline, Elias, Hyun, Maël, Kath et moi. Et toi.
Et j'étais nul. Haha, dieu que j'étais médiocre. D'ailleurs je peux l'écrire au présent, je suis toujours aussi nul à ce genre de jeu! J'ai vite abandonné pour me contenter de regarder ceux qui s'y prenaient un peu mieux. Et j'en profitais pour te taquiner et tu me le rendais bien. Et j'aimais bien. J'aimais cet échange, je m'amusais et toi aussi, même si tu jouais la vexée, tu ne l'étais pas. Pas encore.

Puis l'après-midi s'est transformé en soirée, Maël a préparé plein de trucs à grignoter, a sorti les bières. Il a le sens de la convivialité, ce Maël, un amour.
Au fil de la soirée, les bouteilles vides se sont alignées mais nous restions rieurs, joviaux. Puis tu as proposé un action ou vérité hot. Pourquoi hot, je ne sais pas, tu devais vouloir prouver que toi tu n'avais peur de rien là où beaucoup sont gênés. Charline, qui était partie se coucher, est réapparue mais avec un invité surprise: ce bourrin de Rajev qui la tirait par le poignet. La blondinette était en pyjama licorne, c'était choupie comme tout! ♡ Et c'est un détail important!

Tu as commencé, tu as voulu donner la première action ou vérité, et tu as désigné Rajev pour ça. Tu lui as demandé d'embrasser un homme - moi ou Maël. Ou peut-être que tu avais précisé Maël? Je ne sais plus trop... Toujours est-il qu'évidemment il a refusé et a commencé à s'énerver, refusant catégoriquement, alors tu lui as donné pour gage de fermer les yeux, tu as pris sa main, l'a passée contre ton entre-jambe. Et tu portais quelque chose, une sorte de gode ceinture ou je ne sais trop quoi qui devait te donner une certaine virilité. Puis quand il a ouvert les yeux tu m'as désigné, moi qui étais assis juste à côté de toi. Juste par jeu. Un jeu risqué, puisque le slovaque a commencé à s'énerver d'autant plus.
Mais je n'ai pas pris la mouche, j'ai accepté et quand il m'a demandé action ou vérité, j'ai pris action pour le challenge. Il m'a demandé de me déshabiller entièrement, je ne portais encore que mon maillot, ne m'étant pas changé depuis la piscine. Je ne suis pas pudique, loin de là, mais je venais d'arriver et il y avait Charline, qui elle ne voulait vraiment pas voir un inconnu à poil. Alors j'ai dit non, ai demandé le gage. Il m'a demandé de mettre le pyjama licorne de Charline, ce que j'ai fait. Et c'était mon tour.

Je voyais la féline Kath embrasser sa bouteille de jack d'un amour assoiffé. Elle commençait à s'endormir contre l'épaule du grand Maël alors c'est vers elle que c'est porté mon choix. Elle a pris action. Et là, j'ai eu le malheur d'avoir une des meilleures idées de ma vie: je lui ai demandé de te fesser devant nous tous. Elle m'a dit <<À la Mama! Ou à la "Mama"?>> J'ai choisi la "Mama", plaisantant que tu n'étais qu'une sale gosse qui méritait correction. Ce n'était qu'un jeu. C'était ton jeu. Tu as rouspété, elle s'est exécuté, on a ri, mais pas de toi, seulement de l'action en elle-même. Et ça aurait pu s'arrêter là, ou continuer en jeu. Ça aurait dû.

Mais non. Tu étais vexée, blessée, tu t'es sentie humiliée. Alors quand tu es revenue t'asseoir à côté de moi, calme et digne en apparence, tu t'es retournée et d'un mouvement rapide et de toutes tes forces tu as frappé. Dans mon entre-jambe. J'ai eu terriblement mal, tous les hommes comprennent de quoi je parle. Mais à ce moment-là je n'ai pas regretté une seule fois. Je te pensais vexée de ne pas pouvoir renchérir, j'avais gagné et j'avais eu un spectacle des plus amusant, alors ça valait bien la peine de cette douleur qui semblait bien petite à côté de ma satisfaction.

Pourtant tu n'étais pas que vexée, c'était bien pire et ça je ne l'ai compris que le lendemain.
Quand je suis allé te voir, le lendemain au matin, tu m'as lancé un pot de lubrifiant ouvert sur le t-shirt. Puis je t'ai parlé, tu as crié, pleuré. Je t'ai pris dans mes bras, tu m'as frappé pendant ce temps. Ce n’était pas grave, je n'avais pas vraiment mal, j'ai une très bonne résistance à la douleur. Je m'en voulais juste de t'avoir fait du mal.
Les jours suivants tu ne sortais pratiquement plus de ta chambre. Je t'apportais un plateau pour ton petit déjeuner, et comme je ne savais pas ce que tu mangeais le matin, il y en avait assez pour que tu manges à midi aussi.

Puis Miami.
Au début je m'inquiétais pour toi, voulais me faire pardonner.
Ça a duré un jour, puis un quiproquo avec Kath à mené à un mal être chez moi, et je commençais à prendre conscience de toute la réalité que sont les mondes. Du fait qu'ils étaient désormais ma réalité, aussi oniriques soient-ils. Alors j'ai disparu 24h. Le lendemain je m'entraînais à l'escrime, j'avais repris pour initier Kath et me rendais compte que cela me serait sûrement utile dans les mondes. Tu as débarqué dans le gymnase sans prêté attention à ma présence, et ça m'allait très bien parce que je n'avais pas le moins du monde envie de parler à quiconque. Tu as frappé le sac un certain temps, puis finalement tu as fait une pause et c'est là seulement que tu m'as remarqué. Moi je continuais mon entraînement. Tu es venue, m'as parlé, j'étais caustique, sarcastique, avec tout le monde mais tu ne le savais pas. Tu l'as mal pris. Et avec un pouvoir que je ne soupçonnais pas, un pouvoir qui créait des illusions, tu as fait apparaître ma future femme. Comment aurais-je pu réagir autrement? C'était de la torture psychologique. Je n'ai jamais compris pourquoi tu m'as fait ça. Ça m'a fait si mal... Ma main m'a fait défaut, mon sabre s'est esquivé, j'ai ployé le genou, suis tombé à terre, les deux genoux au sol, prêt à recevoir le coup de grâce. Elle était là, telle que je l'avais quittée: enceinte de trois mois. Mais ça sonnait si faux. La douleur était si vive... J'ai cru qu'on m'achevait inlassablement d'une lame dans le cœur, encore et encore. Quelques secondes qui ma parurent plusieurs éternités.
Pourtant je me suis relevé. La douleur fut telle qu'à la fin il n'y avait plus que la haine. Ma haine pour toi. Tu avais tenté de me détruire, ou en tous cas de me faire du mal: je t'en ferai bien plus encore, jusqu'à t'effacer de toute réalité. J'aurais pu. Je t'ai attrapée par la gorge. Tu étais petite, peut-être 1m60, et moi je dépasse le mètre 80. Je t'ai soulevée au-dessus de ma tête contre le mur et t'ai laissée t'étouffer sous ton propre poids tandis que je te crachais toute ma haine. Non... pas toute. Quelque chose en moi m'a rappelé à la vie. La haine s'est évanouie avant que je ne t'achève. Je crois que j'ai pris peur de moi-même à cet instant. Je t'ai lâché, tu es tombée au sol, toussant, la gorge douloureuse et les poumons affolés. Je suis parti sans attendre mon reste, la queue entre les jambes, et tu m'as hurlé des insultes, ou plutôt tu as essayé. Je les ai entendu mais ne les ai pas comprises. J'avais plus important à m’inquiéter: moi-même.

De ça je m'en veux. Pourtant je ne m'excuserai jamais. Parce que tu ne t'excuseras pas non-plus, bien au contraire. Je me suis excusé la première fois. C'était déjà bien assez.
Je m'en veux, Hayate, plus que tu ne pourras jamais l'imaginer. Mais si je te revois un jour, que tu essayes de te venger...

Cette fois, je te tuerai.


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MessageSujet: Re: Notes pour trop tard.   Lun 9 Juil - 20:21

Ça y est. Nous avons changé de monde. Et je savais bien que j’avais perdu le fil du temps, ou bien nous passons toujours quasiment un mois entier dans l’Abysse, un des deux.

Nous sommes le soir du Samedi 7 Juillet 2018.
Peut-être 21h ? Je ne sais pas.
J’ai baissé les volets et éteint mon portable et je ne me rappelle pas de l’heure à la cuisine, et je serais bien incapable d’estimer l’heure à partir du temps passé dans cette pièce.
Tous ce que je sais, c’est que dans 20 jours exactement j’aurai 28 ans. Et dans 21 jours cela fera 5 mois que je suis dans les mondes. Cinq mois de coma, concrètement, pour ceux que j’ai laissés derrière moi.
Plus que deux mois environ avant l’accouchement, si tout se passe bien.

Ah oui, je ne l’ai pas encore dit. Les circonstances de mon arrivée ici.
J’allais me marier sous peu. Je l’aimais, je lui étais fidèle, elle était belle, douce et la seule qui sache qui j’étais. La seule qui n’ait jamais voulu reprendre l’amour qu’elle m’avait donné, la seule qui ne m’ait jamais trahi, qui m’ait vraiment aimé. La seule. Et dieu sait que je lui en ai donné, des occasions de reprendre son amour, mais jamais elle ne l’a fait. La seule qui m’ait accepté pour ce que j’étais et qui me voulait et me voudra toujours tel que je suis. Entièrement. Je serais resté infidèle qu’elle l’aurait souffert si ça faisait mon bonheur. Mais mon seul bonheur c’était celui de la voir heureuse et quand j’ai compris ça j’ai cessé de la faire souffrir. Je m’étais promis que ça n’arriverait jamais plus. Depuis 17 ans que nous nous connaissons, 12 ans que nous nous aimons… Je lui ai donné 10 ans d’amour pur, exclusif, passionné, infini. Nous allions nous marier. Elle était déjà enceinte de trois mois.

Puis les mondes.

Nouvelles rencontres. Nouvelles notions. Besoin de survie. Pouvoirs. Inquiétudes. Triplés. Angoisses. Danger. Dany. Solitude. Besoin de Dany.
Dany est arrivée. Et depuis je ne sais plus quoi penser. J’aime Jae. Et j’aime déjà nos triplés qui ne sont même pas encore nés. Mais Dany… C’est si… Il n’y a pas de mot. Je ne sais pas qualifier cette relation. Quand on est ensemble, j’ai presque l’impression d’être un ado. Je me sens de cet amour étrange, incertain, qui ne sait pas ce qu’il est ni où il va. Sans doute droit dans le mur. Je n’ai pas le droit de l’aimer. On le sait tous les deux. Mais parfois… Parfois j’ai envie de lui dire certaines choses, lui exprimer certains sentiments… J’aimerais pouvoir l’aimer. Je n’ai droit que de la désirer. Pour la première fois de ma vie pouvoir assouvir mon désir ne me convient pas et j’aimerais mieux un amour platonique, parce qu’être avec elle me suffit. Mais je ne peux pas l’aimer, alors je me contente de ce qu’on peut se donner. De l’amitié et du désir. Et c’est déjà un peu trop pour un homme en couple, mais je suis trop seul ici, trop usé pour refuser le peu de réconfort que j’ai bien pu dénicher…


Retour à la Maison à Events.


Nous sommes ici dans la villa du Faiseur. Je ne m’y attendais pas mais quand j’ai vu ça j’ai eu un instant où j’ai cru pouvoir me sentir à nouveau bien. J’ai même changé de chambre en voyant que certaines s’étaient libérées dans la maison principale. Des nouveaux et des revenants. Quelques pertes aussi. Hyun me manque déjà, il était mon ami et ce départ si soudain, sans un mot, rien… Je me suis senti abandonné. Il faut croire qu’on n’était pas grand-chose pour lui… Que ce n’était pas mon ami… Je ne sais pas reconnaître mes amis. Trop prétendent à ce titre, trop peu savent en tenir la promesse. C’est ce qui m’a fait perdre le peu de volonté qu’il me restait alors que quelques heures plus tôt je projetais de capturer Galba pour le faire parler… Ce monde, Herculanum, était une expérience horrible. J’en reparlerai en détail plus tard.

La maison à Event. J’ai cru pouvoir me sentir à nouveau heureux pour quelques instants. J’y ai cru. Seulement le temps d’une sieste très courte et de déplacer quelques cartons.
Je déplaçais le dernier, de mon ancienne chambre à la nouvelle, quand je suis tombé sur Steluna, ma petite étoile, heureuse vision, mais qui parlait à Hayate... J’étais sur mes gardes mais j’ai tenté de me montrer sympa sans non-plus prétendre qu’il ne s’était rien passé. Elle a voulu jouer à celle qui snobait. Alors j’ai voulu faire de même. Je suis allé ranger mes dernières affaires avant de revenir manger avec ma protégée. J’aurais mieux fait de prendre l’une de mes armes offertes par Ismaël. Je ne me doutais pas qu’il me faudrait me défendre pour pouvoir espérer manger ici. D’ailleurs, au final, je n’ai pas mangé. J’ai faim. Mais j’ai bien trop mal pour y penser.

Parce que oui, elle m’a encore agressé. Alors pas gratuitement, hein. J’ai lâché une pique que j’aurais préféré que ma bouche garde pour elle. Je ne l’ai pas fait exprès, c’était comme un réflexe. Mais trop tard. Joute verbale. Et comme elle est toujours aussi mauvaise perdante que le premier soir, elle a tenté de m’ébouillanter le visage. Heureusement pour mes yeux qui n’y auraient pas survécu, j’ai pu esquiver. Malheureusement pour mes jambes et tout ce qui se trouve entre, pas assez. Oui, ce déchet de l’humanité m’a brûlé les parties génitales, fort heureusement que je portais un jeans et plus ma tunique de soldat romain. Je suis brûlé quand même. Ça fait un mal de chien. Et surtout ça reste un comportement inapproprié, totalement disproportionné par rapport à la situation… Je me dis que si elle en avait eu la force physique, elle aurait tenté de me coller la tronche contre la plaque de cuisson. Ce n’est pas impossible. Elle est complètement tarée.

Mais ce n’est même pas ce qui me fait le plus mal.


La souffrance physique, je m’en accommode. Je n’y suis pas très sensible et j’ai l’habitude d’avoir mal. Je me suis trop souvent battu pour que ça soit réellement gênant. Je me contente de ne pas trop me déplacer et de faire attention à mes mouvements. Combien de fois me suis-je retrouvé les mains si écorchées qu’on en voyait presque les phalanges ? Passage à tabac, nez cassé, plat de lame, accident de vtt… de voiture… et j’en passe… Je suis loin d’être un enfant de cœur, j’ai pas mal joué avec ma propre vie. Puis quand on dépasse le mètre 80, faire du sport et du muscle ne suffit plus, votre dos se rappelle souvent à vous. Alors oui, j’ai l’habitude de la douleur.

Pas de la souffrance. Ça on ne s’y habitue jamais.

J’ai pris un couteau. Je me suis fait une promesse. Je compte bien la tenir. Et elle m’a prouvé qu’elle était bien un danger à ma survie et mon intégrité. Je comptais l’éliminer tout de suite, le plus tôt serait le mieux.
Je me concentrais avant d’attaquer la cinglée. Steluna m’a demandé ce que j’allais faire avec ce couteau. Sur le coup je l’ignorais. Mais je notais.
Dany est arrivée sans que je ne la voie ni ne l’entende avant qu’elle ne pose sa main sur la mienne. Elle m’a demandé de lâcher ce couteau et pour elle je n’ai pas su refuser. Pour elle. Elle serait arrivé un peu après, il aurait fallu qu’elle esquive, encore un peu plus tard et elle serait arrivée trop tard. Je ne sais pas si c’est une bonne chose qu’elle soit arrivée maintenant. Elle aurait peut-être dû arriver trop tard. Ou peut-être les choses sont-elles bien comme elles ont eu lieu. Je ne sais pas. D’ailleurs je ne sais pas non-plus depuis quand elle observait la scène, ce qu’elle a vu et entendu. Alors je n’ai pas osé la regardé dans les yeux sur le moment. Je ne lui ai même pas donné le couteau. Je l’ai tout bonnement laissée me le prendre sans résistance aucune. J’ai eu envie de la prendre dans mes bras, de me laisser aller à la fatigue et les émotions accumulées. Je crois que j’en aurais pleuré. Mais je ne pouvais pas, pas ici et maintenant, pas dans ces circonstances, pas devant les autres, et sûrement pas Hayate.

La joute verbale a repris un temps, puis je suis parti. J’en pouvais plus. Stela a fait amie-amie avec l’autre folle, puis Yudi s’est ramené aussi, j’ai encore eu le temps de voir ça et de caresser un peu la main de Dany. J’aurais voulu plus d’elle, encore une fois. Mais je lui avais dit de me lâcher. Je n’ai pas voulu lui imposer mon humeur et ma fatigue. Je me suis contenté de m’enfermer dans ma chambre seul, à clé, de fermer les volets malgré qu’il ne faisait pas encore nuit et d'éteindre mon portable.

Yudel est venu. Il a essayé de me parler d’Hayate, de me parler de la "pauvre" Hayate que j’avais maltraité à Miami. Comment pourrais-je entendre une telle insulte ? Même dit avec tous les meilleurs sentiments du monde, ça m’a simplement mis hors de moi et je l’ai chassé de devant ma porte.
Puis Steluna est venue ce matin. … Je préfère ne rien en dire pour le moment. Peut-être plus tard.
Charlie aussi, cet après-midi. Encore une fois, je développerai sur cette visite peut-être plus tard.

08 Juillet 2018, 18h
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